Matta 1936-1944. Début d'un nouveau Monde

Mai 19 - Juillet 16, 2004

"La question n'est pas être ou ne pas être. Elle est naître de quelque chose tout en donnant naissance à quelque chose. Ce n'est pas créer, c'est procréer, générer." Matta.

 

Pour la troisième année consécutive, la galerie Malingue choisit de poursuivre son exploration de quelques phares du mouvement surréaliste, et, après Yves Tanguy et Max Ernst, Matta sera cette année à l'affiche de l'exposition de printemps.

Olivier et Daniel Malingue ont un attachement affectueux et de longue date à l'œuvre de Matta, dont ils ont réuni au fil des années un certain nombre d'œuvres, sans pouvoir jamais se résoudre à s'en défaire. Encouragés par le succès rencontré par leur projet auprès des connaisseurs et collectionneurs de Matta dans le monde entier, ils peuvent offrir au public une rigoureuse sélection didactique. Olivier Malingue a en effet choisi une cinquantaine d'oeuvres issues de collections publiques ou privées, évoquant les multiples aspects de l'œuvre de Matta dans ces années capitales de sa vie d'artiste. Une douzaine de peintures seront exposées, dont certaines peintes en 1941, pendant son séjour au Mexique avec Robert Motherwell. Le Forçat de la Lumière (1943), considéré comme un chef-d'œuvre par William Rubin, qui le présenta dans la première rétrospective Matta, au MoMA, en 1957, fera également partie de cette sélection. Une quarantaine de dessins donneront un aperçu quasiment exhaustif des idées, styles et thèmes de Matta pendant cette période 1936-1944.

Si l'incomparable monographie de Germana Ferrari-Matta, publiée en 1987, Entretiens morphologiques-Notebook N°1, 1936-1944, éclaire et documente la production de cette période, aucune exposition n'a jamais présenté strictement ces années. En effet, si Matta dessine depuis longtemps, 1936 est pour lui l'année de la découverte de la peinture comme moyen d'expression et de réflexion sur le monde, comme vecteur d'idées et de propositions. Il abandonne alors l'architecture pour se consacrer à la peinture : en 1938, il appelle ses premières huiles "morphologies psychologiques" et développera dès lors sa personnalité unique de créateur. A son arrivée aux Etats-Unis en 1939, il jouera auprès des jeunes artistes le rôle de catalyseur de l'éclosion de l'École de New York. C'est cette page de l'Histoire de l'Art moderne qu'Olivier Malingue tient à faire découvrir aux amateurs du Surréalisme.

Un catalogue préfacé par Olivier Berggruen et reproduisant chaque œuvre en couleurs accompagnera bien sûr l'exposition. La reprise d'un essai écrit en 1985 par William Rubin (qui organisa la première rétrospective Matta à New York, en 1957) éclairera le propos défendu par Olivier Malingue. Le catalogue sera à nouveau vendu au profit de l'association N.R.B.-Vaincre le Cancer : l'an dernier, les dons ont permis de créer une bourse rémunérant un chercheur pendant une année, et la galerie Malingue est heureuse de pouvoir encourager les efforts de la recherche en renouvelant son initiative.